L’essentiel ⚡
- Deux notions différentes se cachent derrière le mot « zone » dans les travaux d’énergie
- Les zones A/B1/B2/C fixent des plafonds de ressources pour certains prêts
- Les ZAEnR sont des périmètres définis par ta commune pour les énergies renouvelables
- Quatre prêts existent selon ta situation : éco-PTZ, PAS, prêt CAF, prêt Action Logement
- MaPrimeRénov’ reste l’aide de référence, indépendante de la zone géographique
Quand tu commences à regarder les zones qui comptent pour tes travaux d’énergie, tu tombes vite sur des sigles qui se ressemblent sans désigner la même chose. Entre rénovation énergétique, zones A/B1/B2/C et zones d’accélération des énergies renouvelables (ZAEnR), il est facile de se perdre avant même d’avoir contacté un artisan RGE.
En travaux d’énergie, le mot « zone » désigne deux choses différentes : la zone de ressources (A, B1, B2 ou C) qui fixe le plafond de certaines aides selon où tu habites, et la zone d’accélération des énergies renouvelables (ZAEnR) que ta commune peut définir pour accueillir des projets solaires ou éoliens.
Ce guide t’aide à repérer laquelle te concerne, puis à identifier les prêts et aides mobilisables pour ton projet.
Zone A, B1, B2, C ou ZAEnR : deux notions à ne pas confondre
Avant de détailler chaque dispositif, il faut lever une ambiguïté fréquente. Le zonage A/B1/B2/C est un découpage national par tension du marché du logement : il conditionne les plafonds de ressources de certains prêts, comme le prêt d’accession sociale.
Les ZAEnR fonctionnent tout autrement. Ce sont des périmètres définis commune par commune pour prioriser l’implantation de projets d’énergies renouvelables — panneaux solaires, éoliennes — sans aucun lien avec ton niveau de revenu.
Un même foyer peut donc être concerné par les deux zonages à la fois, mais pour des démarches complètement différentes : l’un pour financer tes travaux, l’autre pour comprendre ce qui peut s’implanter près de chez toi.
Zones A, B1, B2, C : ce qu’elles changent pour tes plafonds d’aides
Zone A
La zone A couvre l’agglomération parisienne, la Côte d’Azur, le Genevois français et les grandes agglomérations de province. Le plafond de ressources du prêt d’accession sociale (PAS) y est fixé à 37 000 € pour une personne seule, et jusqu’à 74 000 € pour un foyer de quatre personnes.
Zone B1
La zone B1 regroupe les agglomérations de plus de 250 000 habitants, la grande couronne parisienne, la bordure de la Côte d’Azur, l’Outre-mer, la Corse et les îles. Le plafond PAS y est de 30 000 € pour une personne, et 60 000 € pour quatre personnes.
Zone B2
En zone B2 — agglomérations de plus de 50 000 habitants, communes chères du littoral ou des zones frontalières, bordure de l’Île-de-France — le plafond descend à 27 000 € pour une personne et 54 000 € pour quatre.
Zone C
La zone C couvre le reste du territoire français. Le plafond PAS y est le plus bas : 24 000 € pour une personne seule, 48 000 € pour un foyer de quatre personnes.
Les zones d’accélération des énergies renouvelables (ZAEnR) dans ta commune
Les ZAEnR sont nées de la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables. Ce sont des zones que les élus locaux jugent préférentielles pour l’implantation de projets, après consultation des habitants — une démarche pensée pour que les riverains aient leur mot à dire.
Depuis le 1er juillet 2023, les communes sont invitées à proposer leurs ZAEnR. Une première relève a eu lieu en avril 2024. Ces zones peuvent couvrir le photovoltaïque, le solaire thermique, l’éolien, le biogaz, la géothermie, ainsi que les réseaux de chaleur et de froid.
Pour accompagner les communes dans cette démarche, des référents préfectoraux uniques interviennent, appuyés par la DREAL et les DDTM. Une seconde relève a par ailleurs été votée pour les communes n’ayant pas abouti dans les délais, et pour permettre d’élargir les ZAEnR déjà définies à d’autres filières.
À noter 📅
En Bretagne, une relève a eu lieu en avril 2024 et une réunion du comité régional se serait tenue début octobre 2024. Ce calendrier reste un exemple régional : il pourrait différer d’une région à l’autre, renseigne-toi auprès de ta mairie pour connaître l’avancement local.
Les prêts pour financer tes travaux d’énergie selon ta situation
Plusieurs prêts existent pour financer des travaux de rénovation énergétique, mais chacun s’adresse à un profil bien précis. Voici comment identifier celui qui correspond à ta situation.
Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
L’éco-PTZ permet d’emprunter jusqu’à 30 000 €, sans intérêt puisque celui-ci est pris en charge par l’État, remboursable sur 20 ans maximum. Il est réservé aux propriétaires occupants ou bailleurs d’une résidence principale achevée depuis au moins 2 ans, et impose de passer par un artisan RGE. Il se cumule avec les aides de l’Anah, la Prime Effy, MaPrimeRénov’ et Action Logement — un avantage rare parmi les dispositifs de financement des travaux.
Prêt d’accession sociale (PAS)
Le PAS est accordé par des banques conventionnées avec l’État, réservé aux ménages modestes propriétaires en résidence principale, selon les plafonds de ressources par zone détaillés plus haut. Les travaux financés doivent représenter un minimum de 4 000 € et être achevés sous 3 ans. Le remboursement s’étale de 5 à 30 ans, avec des frais de dossier plafonnés à 500 €.
À vérifier 💶
Une mesure du 7 juillet 2020 plafonnait le taux du PAS entre 2,3 et 2,75 % selon la durée. C’est un ordre de grandeur ancien, pas un taux garanti aujourd’hui — demande le taux en vigueur au moment de ta demande.
Prêt à l’amélioration de l’habitat (CAF)
Ce prêt propose un taux préférentiel de 1 %, couvre jusqu’à 80 % des dépenses de travaux, dans la limite de 10 000 €, remboursable sur 3 ans maximum. Il est réservé aux bénéficiaires d’au moins une prestation sociale de la CAF ou de la MSA, qu’ils soient propriétaires ou locataires. Le versement se fait en deux fois : à la signature, puis à l’achèvement des travaux sur présentation de facture.
Prêt Action Logement (agri-travaux)
Ce prêt s’adresse spécifiquement aux salariés d’une entreprise du secteur agricole d’au moins 10 salariés, propriétaires occupants ou bailleurs d’une résidence principale. Il permet d’emprunter jusqu’à 10 000 € sur 10 ans à taux préférentiel, sous réserve d’une attestation justifiant que les travaux correspondent aux conditions de l’éco-PTZ.
MaPrimeRénov’ : le dispositif de référence, indépendant de la zone géographique
Contrairement au PAS, MaPrimeRénov’ ne dépend d’aucune zone géographique : son montant est calculé selon le niveau de ressources du demandeur. Disponible depuis janvier 2020, elle s’adresse aux logements construits depuis au moins 15 ans — ou seulement 2 ans si les travaux remplacent une chaudière fioul —, situés en France métropolitaine ou en Outre-mer, et occupés comme résidence principale au moins 8 mois par an.
Les travaux doivent obligatoirement être réalisés par une entreprise RGE. Pour une demande en 2026, c’est le revenu fiscal de référence de 2025 qui est pris en compte, réparti en quatre catégories couleur — bleu, jaune, violet, rose — qui déterminent le montant de l’aide.
Exemple 🏠
Un couple sans enfant avec un revenu fiscal de référence de 35 000 € a pu être classé en catégorie rose selon un cas cité par une source. Il s’agit d’un exemple illustratif, pas d’un seuil de barème généralisable : ta catégorie dépend de ta composition familiale et de ta zone de résidence.
Les postes de travaux que ces aides couvrent
- Isolation thermique (toiture, murs, planchers bas, parois vitrées) — chantier à engager en priorité selon l’Ademe
- Remplacement du système de chauffage par une solution utilisant une énergie renouvelable, notamment une pompe à chaleur
- Production d’eau chaude sanitaire performante, via un chauffe-eau solaire individuel ou un chauffe-eau thermodynamique
- Ventilation : VMC hygroréglable ou double flux, qui récupère la chaleur de l’air extrait
- Installation de panneaux photovoltaïques, présentée par une source commerciale comme permettant jusqu’à 70 % d’économies sur la facture — un chiffre à prendre avec prudence, non confirmé par une deuxième source
- Thermostat programmable, jusqu’à 15 % d’économies selon l’Ademe
Le remplacement d’une chaudière gaz ancienne ou de radiateurs électriques vétustes génère aussi des économies significatives, variables selon l’état de l’équipement remplacé — sans chiffre précis disponible pour généraliser.
Les conditions communes à vérifier avant de te lancer
- Recours à une entreprise certifiée RGE obligatoire pour toutes les aides citées
- Logement en résidence principale exigé dans presque tous les cas
- Ancienneté du logement variable selon l’aide : 2 ans pour l’éco-PTZ et le PAS, 15 ans pour MaPrimeRénov’ (sauf remplacement de chaudière fioul)
- Cumul possible entre plusieurs dispositifs, comme l’éco-PTZ avec l’Anah, la Prime Effy, MaPrimeRénov’ et Action Logement
- TVA à taux réduit de 5,5 % applicable sur le matériel et la main d’œuvre des travaux de rénovation énergétique
- Prime énergie (ou prime CEE), encadrée par l’État dans le cadre des Certificats d’Économie d’Énergie, mobilisable en complément
Comment demander ces aides, étape par étape
La première étape consiste à réaliser un audit énergétique de ton logement, pour cibler les travaux les plus efficaces avant de te lancer. Cet état des lieux évite de financer un poste secondaire avant celui qui ferait vraiment baisser ta facture.
Contacte ensuite un conseiller France Rénov’ pour vérifier ton éligibilité aux différentes aides. Ce point d’entrée gratuit et indépendant t’oriente vers les dispositifs adaptés à ta situation.
Fais ensuite appel à une entreprise certifiée RGE, condition indispensable pour bénéficier de la plupart des aides, puis constitue ton dossier auprès de Mon Accompagnateur Rénov (MAR) — une démarche que certains professionnels RGE prennent en charge pour le compte du particulier.
Que tu sois concerné par une zone A ou une zone C, par une ZAEnR ou non, il existe presque toujours une aide adaptée à ton projet de rénovation énergétique. N’hésite pas à solliciter un conseiller France Rénov’ pour clarifier ta situation avant de démarrer les travaux.